Coronavirus Covid-19 : L'essai clinique Discovery

Coronavirus Covid-19 : L’essai clinique Discovery

Coronavirus Covid-19 : L’essai clinique Discovery

L’Union européenne a lancé il y a une dizaine de jours un grand essai clinique couvrant sept pays, baptisé « Discovery ». Son objectif : endiguer le coronavirus par l’approche médicamenteuse. L’expérience inclut l’étude de la chloroquine, qui fait débat.

De quoi s’agit-il ?

Jusqu’ici, le monde subit. Alors que le Covid-19 se propage à une vitesse exponentielle, responsable du décès de plus de 35.000 personnes dans le monde , le monde scientifique et médical s’acharne à trouver un remède. Lopinavir, ritonavir, remdesivir ou encore hydroxychloroquine… quelle est la meilleure approche thérapeutique ?

L’Union européenne a donc lancé il y a une dizaine de jours un grand essai clinique, couvrant sept pays, et baptisé « Discovery ». Son objectif : endiguer le coronavirus, par l’approche médicamenteuse.

« Discovery » est le nom de baptême d’un essai clinique d’ampleur européenne. Avec un objectif : trouver un remède au Covid-19, qui a déjà provoqué la mort de 35.000 personnes dans le monde. Lancé le 22 mars dernier, cette expérimentation concerne une petite dizaine de pays. A savoir : la France, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne.

Le volet français est coordonné par l’Inserm – l’Institut national de la santé et de la recherche médicale – et placé sous l’égide de Florence Ader, chercheuse au Centre international de recherche en infectiologie Ciri. Il est financé par les ministères de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et de la Santé et des Solidarités.

Son protocole consiste à comparer la prise en charge « classique » des patients souffrant du Covid-19 à quatre autres approches thérapeutiques pour en déterminer la plus efficace. A la différence d’essais cliniques traditionnels, l’attribution des traitements se fera de façon transparente – on parle d’essai ouvert – c’est-à-dire que les patients et les médecins sauront quel traitement a été donné à telle personne. Il s’agit ici de gagner du temps.

Combien de traitements sont à l’étude ?

A l’origine, l’étude devait comporter quatre « branches ». Tout d’abord, les patients soignés de façon « standard », un groupe témoin en quelque sorte, à qui on n’administre aucun médicament expérimental.

A côté, une cohorte de malades se voit traiter avec du Remdesivir, un traitement initialement mis au point pour combattre Ebola.

Un autre groupe bénéficie d’une dose de lopinavir en combinaison avec le ritonavir, thérapie médicamenteuse destinée à lutter contre le VIH.

Un dernier contingent est soigné avec la même combinaison de lopinavir et ritonavir auxquels on a associé l’interféron bêta – une protéine d’origine naturelle produite par l’organisme en réponse aux infections.

Une cinquième branche a été ajoutée à Discovery, à la demande du gouvernement français. Il s’agit d’un traitement à base d’hydroxychloroquine qui à l’origine, elle est destinée à soigner le paludisme.

En France : Cinq hôpitaux français ont été sélectionnés au départ pour participer à Discovery. A savoir : Bichat à Paris, Lille, Nantes, Strasbourg et Lyon. Mais l’Inserm envisage d’ouvrir d’autres centres, une vingtaine environ. « Notre stratégie d’ouverture de centre suivra la réalité épidémiologique de l’épidémie avec une priorisation à l’ouverture de l’essai dans des hôpitaux sous forte pression », détaille Florence Ader, citée dans un communiqué de l’Inserm.

Quand aurons-nous les résultats ?

« Nous pensons avoir un premier retour au début avril sur l’efficacité des molécules qui sont en cours de test de façon à pouvoir prolonger ces essais, arrêter certaines molécules, en rajouter d’autres », a déclaré Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, en début de semaine sur franceinfo. C’est effectivement l’un des principaux intérêts de Discovery.

Le protocole suivi permet d’obtenir des premiers résultats d’efficacité au bout de deux semaines.« L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient », confirme l’Inserm. Qui ajoute que de par son caractère « adaptatif », des traitements expérimentaux inefficaces pourront être abandonnés « très rapidement » et remplacés par d’autres molécules qui émergeront de la recherche.

Cet essai va par ailleurs compléter les données qui seront recueillies au cours d’un autre essai clinique international, qui va bientôt commencer sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et baptisé « Solidarity ».

Vidéo : Pr Florence Ader et du Pr Bruno Lina.
Suite à l’annonce du lancement de l’essai clinique Discovery contre le COVID-19 dans le week-end du 23 mars 2020 ; essai coordonné par l’Inserm et le Pr Ader, médecin-chercheur dans le service des Maladies Infectieuses de l’hôpital de la Croix-Rousse – Hospices Civils de Lyon ; voici quelques explications du Pr Florence Ader et du Pr Bruno Lina.

Source inserm

https://presse.inserm.fr/lancement-dun-essai-clinique-europeen-contre-le-covid-19/38737/


Article sur le protocole de l’étude (en anglais)
https://clinicaltrials.gov/ct2/show/NCT04315948?term=NCT04315948&draw=2&rank=1

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