Urgence sanitaire

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L’OMS a déclenché « l’urgence de santé mondiale » à cause de l’épidémie Covid-19 liée au coronavirus apparu en Chine en décembre 2019. Cette mesure exceptionnelle n’a été décrétée que cinq fois depuis sa création. De quoi s’agit-il ? A quoi sert-elle ? Quelles conséquences ?

Qu’est-ce que l’Urgence de santé mondiale ?
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) aide les 193 Etats membres reconnus par l’Organisation des Nations unies (ONU) à se préparer et à agir face à des situations d’urgence pouvant impacter la santé publique. Pour cela, elle peut décider de déclencher « l’urgence de santé mondiale », aussi appelée « l’urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Définie par le Règlement sanitaire international (un instrument juridique international créé en 2005), une urgence de santé mondiale correspond à « un événement extraordinaire » qui « constitue un risque pour la santé publique dans d’autres États en raison du risque international de propagation de maladies et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée ». Son but étant d’éviter la propagation internationale des maladies, de s’en protéger, de la maîtriser et d’y réagir par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente.

Quand déclare-t-on une urgence de santé mondiale ?  Une urgence de santé mondiale peut être décrétée quand la situation :

  • est grave, soudaine, inhabituelle ou inattendue,
  • a des implications pour la santé publique dépassant les frontières nationales de l’État affecté,
  • pourrait nécessiter une action internationale immédiate.

Lorsque l’urgence de santé mondiale est déclarée, un Comité d’urgence – composé d’experts internationaux – doit se réunir au minimum tous les 3 mois pour réévaluer la situation d’urgence (si elle a pris fin ou si au contraire il y a toujours un risque de propagation internationale de la maladie et un risque pour la santé humaine) et émettre des recommandations à suivre par le(s) pays confronté(s) à la situation d’urgence : conseils sur les traitements à suivre, inciter à la vaccination, consignes pour la prise en charge des malades, demande de rapatriement des ressortissants contaminés, mise en place de contrôle dans les aéroports ou aux frontières… Ce protocole permet par ailleurs de mobiliser un plus grand nombre de chercheurs pour étudier le virus et les différents cas de contamination.

Niveaux d’alerte de l’OMS : Afin de faire face à une pandémie, l’OMS a mis en place un système de niveau d’alerte constitué de 6 phases :

Périodes de transmission animale prédominante :
Phase 1 : Aucun cas d’infection chez l’homme du à un virus circulant chez des animaux n’est signalé.

Phase 2 : Un virus circulant chez des animaux domestiques ou sauvages a causé quelques infections chez l’homme.

Phase 3 : Quelques cas d’infections interhumaines d’un virus circulant chez des animaux domestiques ou sauvages. En revanche, la transmission est limitée et ne s’est fait que dans des conditions très précises (contact étroit entre une personne infectée et un dispensateur de soins non protégé).

Période d’alerte pré-pandémique ou pandémique :

Phase 4 : Majoration importante du risque de pandémie caractérisée par la transmission interhumaine d’un virus circulant chez les animaux.

Périodes pandémiques :
Phase 5 : Propagation interhumaine du virus d’origine animale dans au moins deux pays d’une même région.

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Phase 6 : Propagation interhumaine du virus d’origine animale dans au moins deux régions distinctes et touchant des foyers autochtones. A cette phase, la pandémie est officiellement déclarée.

Dates des précédents cas d’urgence de santé mondiale : Ebola, Zika, grippe H1N1...
L’urgence de santé mondiale est une mesure exceptionnelle qui été décrétée que 5 fois par l’OMS :

  • Le 11 juin 2009 : pour l’épidémie de grippe H1N1 notamment en Asie, au Mexique et aux Etats-Unis (aussi appelée « grippe porcine ») qui a fait plus de 280 000 décès (dont 18 138 directement imputables au virus H1N1 et les autres dus à des complications respiratoires et cardiovasculaires). L’urgence de santé mondiale n’a été levée qu’en août 2010 bien que le virus circule toujours abondamment autour du globe.
  • Le 5 mai 2014 : pour la propagation de la poliomyélite dans plusieurs pays d’Asie centrale, du Moyen-Orient ou d’Afrique centrale.
  • Le 8 Août 2014 : pour la propagation du virus Ebola en Afrique de l’Ouest. L’alerte a été levée en mars 2016. L’épidémie a duré 2 ans et c’est la plus importante et complexe depuis la découverte de ce virus en 1976. Au total, plus de 30 000 personnes ont été infectées par le virus et 10 000 en sont décédées, à 99% dans trois pays (Liberia, Guinée et Sierra Leone).
  • Le 1er février 2016 : pour la propagation de Zika au Brésil et en Polynésie française, un virus transmis principalement par des moustiques du genre Aedes et pouvant entraîner des microcéphalies et des syndromes de Guillain-Barré.
  • Le 17 juillet 2019 : une nouvelle fois pour la flambée épidémique du virus Ebola en République démocratique du Congo qui a entraîné à ce jour plus de 2 230 décès. L’alerte est toujours en cours.

Source#OMS